La guerre de 14 - 18 a profondément modifié la vie à Dives. L’usine, pourvoyeuse d’armement est mise au service des Armées et fait largement appel à la main d’œuvre féminine. La ville accueille des réfugiés de Belgique et du Nord de la France. Dives vit dans la hantise des sinistres communiqués annonçant la mort de ses enfants.
La guerre amena un développement considérable de l’usine, la douillerie installée en dès 1910 produisait jusqu’à 400.000 douilles par mois. Il a fallu installer un nouvel atelier pour assurer la production.
L’entreprise employa des contingents coloniaux, des Marocains dirigés vers l’entreprise par le Ministère de l’Armement, des réfugiés des régions occupées n’ayant pas l’âge pour être appelés aux Armées mais surtout, grande nouveauté, de la main d’œuvre féminine.
On compte 450 femmes en 1916, soit le quart des effectifs !
Le nombre de soldats morts sur les champs de bataille ou des suites de leurs blessures et inscrits sur le monument de Dives s’élève à 144. L’âge moyen de ces soldats est de 28 ans. Le plus jeune avait 19 ans et le plus âgé 51 ans, 76 soldats avaient moins de 30 ans.
Tous les milieux sont représentés, architecte, prêtre, fils d’huissier ou de pharmacien, ouvriers d’usine, artisans...
La plupart de ces hommes étaient nés en Normandie ou en Bretagne.
L’inauguration du monument, réalisé par le sculpteur Chauvière de Caen, a eu lieu en Avril 1925. La statue en bronze représente une femme ailée portant dans ses bras un soldat mourant.
Implanté rue du Port, le monument a pris la place de celui du Souvenir français, un des rares monuments en hommage aux soldats et civils tués dans la guerre de 1870. Celui-ci a été déplacé au cimetière qui accueille aussi plusieurs tombes de soldats Morts pour la France.
« La Société d’Electro-Métallurgie a décidé, à Dives, l’ouverture d’une infirmerie pour recevoir les mobilisés. C’est dans la maison des Marocains, sise dans le quartier des nouvelles cités qu’elle sera installée. Très bien située, cette maison fera une infirmerie modèle, déjà il existe le chauffage central, on y pose l’électricité et on y apportera les améliorations nécessitées par sa nouvelle affectation ».
Le Progrès - 1918
Après la guerre, l'immeuble a été transformé en logements pour les familles d'ouvriers.